Il arrive dans nos vies que certaines personnes, certaines situations ou certains rêves doivent partir. Même quand on aimerait les retenir, même quand une partie de nous se sent brisée, la vie exige parfois le lâcher-prise. Laisser partir malgré la fêlure n’est pas un signe de faiblesse : c’est un acte de courage et de respect envers soi-même.
Mais comment continuer quand le cœur est fragile, quand la douleur semble nous fissurer de l’intérieur ? C’est là que l’écriture thérapeutique devient un outil précieux. Elle permet de déposer ce que l’on ressent, de mettre des mots sur la peine, et de comprendre que la fêlure n’est pas une fin, mais un passage.
Écrire pour accueillir la douleur
Quand on laisse partir quelque chose ou quelqu’un, la tentation est de se taire, de minimiser la douleur ou de la nier. Mais mettre des mots sur la perte permet de l’accueillir pleinement. L’écriture thérapeutique offre un espace sécurisé pour écrire ses émotions sans jugement, pour raconter ce qui fait mal, ce qui reste non-dit, ce qui brûle encore.
On peut écrire :
- Ce que l’on perd et pourquoi ça nous touche profondément
- Les souvenirs qui font sourire malgré la douleur
- Les questions que l’on se pose sans réponse
Chaque mot devient un souffle, un geste de reconnaissance de sa propre expérience. La fêlure ne disparaît pas immédiatement, mais elle cesse d’être un poids invisible et devient quelque chose que l’on peut regarder, comprendre et apprivoiser.
Laisser partir : un acte d’amour pour soi
L’écriture thérapeutique ne consiste pas seulement à exprimer la douleur, mais aussi à accompagner le lâcher-prise. Quand on écrit, on se donne la permission de sentir, de pleurer, de se fâcher, mais aussi de relâcher ce qui ne nous appartient plus. Laisser partir, même avec la fêlure au cœur, devient un acte d’amour envers soi-même.
On peut utiliser l’écriture pour :
- Faire une lettre à ce que l’on doit laisser partir (sans forcément l’envoyer)
- Décrire ses sentiments comme des vagues à observer plutôt qu’à retenir
- Réécrire l’histoire en y ajoutant la compassion pour soi
Exercice d’écriture thérapeutique original : “Le pont des émotions”
Voici un exercice simple mais puissant pour transformer la fêlure en force :
- Tracez un pont sur votre feuille : dessinez deux rives séparées par un vide ou un fleuve.
- À gauche, écrivez tout ce que vous ressentez envers ce que vous devez laisser partir : colère, tristesse, regrets, nostalgie… N’omettez rien.
- À droite, écrivez ce que vous voulez accueillir dans votre vie une fois la fêlure traversée : paix, légèreté, nouvelles opportunités, amour de soi.
- Tracez les arches du pont : pour chaque émotion de la rive gauche, écrivez une action, un mot ou une pensée qui peut la transformer et vous aider à traverser vers la rive droite.
- Respirez et relisez : visualisez que vous marchez sur ce pont, que vous laissez derrière vous ce qui appartient au passé et que vous avancez vers ce que vous souhaitez construire.
Cet exercice permet de donner un chemin concret à ses émotions, de les nommer, de les accepter et de créer un passage symbolique vers la reconstruction et la légèreté.
Transformer la fêlure en force
Au fil des mots et des exercices, la fêlure change de nature. Elle n’est plus seulement une douleur, elle devient un témoin de ce que l’on a vécu, de ce que l’on a aimé, de ce que l’on peut encore aimer. L’écriture thérapeutique aide à transformer la fragilité en force, la perte en apprentissage, le silence en parole.
Laisser partir malgré la fêlure n’est pas effacer, c’est honorer ce qui a été et se préparer à ce qui viendra. Et chaque mot posé sur le papier est un pas vers la reconstruction, un souffle qui libère le cœur et ouvre l’espace à de nouvelles possibilités.
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